Quelles pensées montent en nous, quand nous lisons cette affirmation du Seigneur Jésus en Matthieu 17, 20 ?

Cette parole produit-elle en nous la ferme conviction que la chose peut se réaliser littéralement ?

Croyons-nous qu’une montagne puisse effectivement se jeter dans la mer suite à un ordre donné dans la foi ?

Hélas, chez bien des chrétiens cette déclaration de Jésus n’éveille qu’un sentiment de profonde perplexité.

- « Cela n’est tout simplement pas possible ! » pense le croyant presque automatiquement au fond de lui-même.

Le plus souvent, les passages difficiles de l’Écriture Sainte suscitent premièrement en nous le doute et l’incrédulité au lieu de nous amener à admettre humblement que nous ne les comprenons pas.

En parlant de « la foi qui déplace ces montagnes », le chrétien pense normalement à une forte foi. Mais je voudrais insister sur le fait qu’il n’est pas question ici en premier lieu d’une grande foi, mais d’une énorme action !

LA FOI COMME UN GRAIN DE SÉNÉVÉ

Le Seigneur Jésus parle de 2 choses : de la foi et des effets de cette foi. Une foi particulièrement grande peut-elle mener au déplacement d’une montagne ?

Non, il n’est pas écrit : si vous avez une grande foi, …Ce n’est pas une foi qui traverse tout, qui ne voit pas d’obstacles et qui survole souverainement tout ce qui se trouve sur son chemin. Une foi capable de déplacer des montagnes pourrait tout à fait avoir ces caractéristiques. Mais ce n’est pas d’une telle foi que le Seigneur parle !

Il qualifie cette foi tout simplement de « foi comme un grain de sénevé ». Le grain de sénevé (diamètre 0,95-1,1mm) est appelé en Marc 4,31

« la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre »

C’est cette toute petite semence, à peine visible à l’œil nu, que Jésus prend comme exemple d’une foi capable de déplacer des montagnes.

Avec raison ! Car cette semence extrêmement petite produit en un an un arbre d’environ 3m de haut. Les conditions de la réalisation d’un tel fait sont minimales. Mais ce sont précisément de telles conditions que le Seigneur avance comme exemple d'une foi suffisante pour déplacer des montagnes !

Cette « foi comme un grain de sénevé » ne caractérise-t-elle pas notre foi souvent si faible et si petite ?

Si je dis : « C’est une foi comme un grain de sénevé », cela n’est nullement avancé pour excuser notre toute petite foi tellement récurrente. Mais plus d’un d’entre nous a certainement déjà éprouvé le sentiment que sa foi est trop petite et insignifiante, ce qui peut entraîner des difficultés considérables.

Mais cette petite foi presque imperceptible a, comme Jésus l’affirme, le pouvoir de déplacer des montagnes.

Peut-être devons-nous nous demander maintenant si, sous le concept de foi, nous ne nos représentons pas parfois quelque chose de faux.

TOUT SIMPLEMENT CROIRE

Nous tous avons à faire face à bien des difficultés, des questions et des problèmes. Ils peuvent parfois surgir devant nous comme des montagnes. Ne se fait-il pas que dans de tels cas, il nous arrive de désirer de tout cœur une plus grande foi pour pouvoir tout surmonter ? Mais Jésus dit :

« si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : transporte-toi d’ici là ! ».

En d’autres termes : il suffit de croire tout simplement. Nous n’avons nul besoin d’une foi particulièrement grande pour déplacer des montagnes.

Si le grain de sénevé se mettait à se considérer lui-même, il devrait désespérer, car il n’a pas la capacité de produire quoi que ce soit par lui-même.

Il en va parfois ainsi de notre vie : nous regardons à nous-mêmes et nous constatons une foi bien modeste – et nous nous résignons !

Mais le grain de sénevé n’agit pas ainsi. Il ne considère pas son insignifiance pour ensuite se résigner. Il se laisse tout simplement déposer en terre et se met à croître pour devenir finalement ce à quoi il est destiné : un arbre dans les branches duquel habitent « les oiseaux du ciel » Luc 13,19.

Le grain de sénevé ne devient pas un arbre parce qu’il a consenti de formidables efforts, mais tout simplement parce qu’il a utilisé et activé le peu qu’il avait !

Souvent, nous nous faisons de fausses idées concernant la foi. C’est la simple foi dans l’œuvre accomplie par Jésus-Christ qui nous fait avancer et nous mène, jour après jour, dans une communion plus profonde avec notre Dieu – et non pas des efforts de foi considérables dans notre âme !

David a écrit :

« avec toi, je me précipite sur une troupe en armes ; avec mon dieu je franchis une muraille » Psaume 18.30 Et

« Avec Dieu, nous ferons des exploits ; il écrasera nos ennemis » Psaume 60.14 et Psaume 108.14

David était un homme comme nous, avec ses fautes et ses faiblesses. Sa foi n’était pas toujours considérable, maîtrisant tout. Mais il s’accrochait en toute simplicité à son Dieu. C’est ainsi qu’il put réaliser de grandes choses.

LA FOI QUI TRIOMPHE DU MONDE

« … tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triom- phe du monde, c’est notre foi » 1 Jean 5,4.



Une foi qui triomphe du monde, qu’est-ce donc ?

Une foi for- midable ?

Non, la foi qui vainc le monde est la foi toute simple, sou- vent imper- ceptible, souvent ébranlée et éprouvée...

C'est la foi dans l’efficace du sang de Jésus-Christ qui nous sauve et nous réconcilie avec Dieu !

Une telle foi ne s’appuie pas sur ce que l'on ressent, mais sur ce que l’on sait : la réalité de notre position d’enfant de Dieu. Une telle foi déplace des montagnes !
Il ne s’agit nullement de devoir consentir de grands efforts de foi, mais tout simplement de nous appuyer sur ce qui nous est donné en Christ !

LE ROSEAU FROISSÉ

« Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas le lin qui brûle à peine » Esaïe 42,3 version Darby.

Cette prophétie messianique est confirmée dans le Nouveau Testament en Matthieu 12,20 en rapport direct avec Jésus.

Mais cette parole peut être aussi l’image de quelqu’un dont la foi n’est que de la grandeur d’un grain de sénevé. Qu’avons-nous vu dans cette semence ? Elle semble à peine posséder ce qu’elle doit produire, mais elle fournit ce qu’elle a. Il en sort finalement un arbre dans lequel se nichent les « oiseaux du ciel ». Luc 13,19.

Comprenez-vous ce que le Seigneur entend par là ?

Peut-être, lisez-vous ce message dans l’attitude intérieure d’un « roseau froissé » ou d’un « lin qui brûle à peine».

Au fond de vous-même, vous vous sentez faible et misérable. Devant votre âme se dressent de hautes montagnes de soucis et de problèmes.

Et vous ne disposez que de la plus petite mesure de foi qui puisse être.

Mais le fait de vous sen- tir comme « un roseau froissé »

ou comme un « lin qui brûle à peine » prouve qu’il y a encore une étincelle de foi.

Jésus a dit :

« si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible » Matt.17, 20.

Vos montagnes de soucis et de problèmes,

vous pouvez les jeter dans la mer (Luc 17,6) pour autant que tout simplement vous utilisiez votre foi – même si elle est aussi petite qu’un grain de sénevé.

Tel que vous êtes mainte- nant, allez à Jésus !

« Il ne cassera pas le roseau froissé et n’éteindra pas le lin qui brûle encore ».

Au contraire :

« L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement » Psaume 34,19.

CROIRE EN UN DIEU PUISSANT

Je voudrais rappeler les circonstances où 5000 personnes furent nourries. Pour leur donner suffisamment à manger, les disciples avaient conçu un fort bon plan :

« Le soir étant venu, les disciples s’approchèrent de lui, et dirent : Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée ; renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages, pour s’acheter des vivres Matt.1 4,15.

Mais le Seigneur, plutôt que de suivre ce conseil, avait quelque chose de tout différent à l’esprit. Il n’avait nul besoin, pour nourrir cette foule, des magasins d’alimentation des villages environnants.

Il se servit de quelqu’un ayant une foi comme un grain de sénevé : quelqu’un qui possédait bien peu, mais était prêt à mettre ce peu à la disposition du Seigneur pour qu’Il en fasse une grande chose.

Effectivement ,

« Il y a ici un jeune garçon qui a 5 pains d’orge et 2 poissons » Jean 6,9.

et qui était prêt à les céder. Et qu’en fit le Seigneur ?

« Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons, autant qu’ils en voulurent » Jean 6,11.

Avec ces 5 pains d’orge et ces 2 poissons, Jésus nourrit 5000 personnes : hommes, femmes et enfants ! Lui seul pouvait le faire ! L’enfant n’avait probablement pas la moindre idée du grand miracle qui s’opérerait, s’il donnait ce peu de nourriture au Seigneur.

C’était une haute montagne que les disciples voyaient devant eux : comment nourrir tant de gens ? Ils s’étaient déjà fait des idées concernant la mise de côté de cette montagne. Mais Jésus les ignora. Il ne cherchait qu’un « grain de sénevé » et Il le trouva. Et c’est ainsi que la montagne « fut jetée dans la mer ».

Chère lectrice, cher lecteur, soyez aujourd’hui cet enfant !

Apportez au Seigneur le peu de foi que vous avez, et vous pourrez « jeter dans la mer » vos montagnes personnelles de difficultés et de soucis !

Vous n’avez pas besoin d’une forte foi en Dieu, mais d’une foi en un Dieu puissant !